Le 24 mars : journée mondiale de la
tuberculose
Il est vrai que la fréquence de la tuberculose a beaucoup baissé
dans notre pays. L'amélioration des conditions de vie et la découverte de
puissants antibiotiques antituberculeux y sont pour beaucoup.
Pourtant, cette infection reste, à l'échelon de la planète,
le fléau le plus meurtrier. 1/3 de la population mondiale est infectée, 3
millions de décès chaque année dans le monde (1 mort toutes les 15 secondes)
aujourd'hui, 4 millions à l'horizon 2004 pour demain.
Pour que la tuberculose ne soit pas une maladie oubliée des pays
occidentaux, l'OMS et l'UICTMR ont fixé une date, le 24 mars. Cette date
est célébrée partout dans le monde par les associations de lutte contre la
tuberculose.
Le 24 mars : « La tuberculose,
il faut encore y penser. »
Un tiers de la population mondiale est infecté
par le bacille de la tuberculose.
Chaque année, 10 millions de personnes développent la maladie de la
tuberculose. 3 millions de décès sont enregistrés. Pour 80 % d'entre eux, ces
décès sont observés dans les 22 pays les plus touchés, situés pour la plupart en
Afrique et en Asie.
Le traitement existe, est peu coûteux et
efficace ; il n'est pourtant utilisé que dans 20 % des
cas.
La volonté politique comme les moyens financiers
font cruellement défauts pour résoudre ce problème majeur de santé publique
totalement délaissé.
En France, on croit la tuberculose disparue ; pourtant les chiffres sont là :
7000 nouveaux cas (soit un chiffre 3 fois plus important que pour les cas de
SIDA) et 900 décès chaque année.
Cette incidence moyenne de 11,4 cas pour 100 000 habitants cache, en outre,
de grandes inégalités géographiques.
En Ile-de-France, l'incidence de la tuberculose est de 40 cas pour 100 000
alors qu'elle est inférieure à 10/100 000 dans de nombreux départements. C'est
parmi les populations les plus défavorisées que la tuberculose reste, en effet,
la plus fréquente, là où les facteurs de risque sont les mêmes que dans les pays
en voie de développement.
Prix Georges, Jacques et Elias Canetti : combat
contre la tuberculose
A l’occasion de la journée mondiale contre la
tuberculose le 24 mars 2006 s’est tenu à l’Institut Pasteur la remise du prix
Georges, Jacques et Elias Canetti le 22 mars, prix créé cette année afin de
récompenser des chercheurs de l’Institut Pasteur travaillant sur la
tuberculose.
L’équipe de recherche lauréate du prix d’un montant de 10 000
euros est celle de Pedro Alzari, directeur de l’unité de Biochimie structurale
de l’Institut Pasteur.
Un fléau mondial
La tuberculose est la deuxième maladie
infectieuse au monde après le sida. 6000 nouveaux cas surviennent
chaque année en France et 700 personnes meurent de la tuberculose. Un tiers de
la population mondiale est infectée, on compte 8,5 millions de nouveaux cas
chaque année et 2 millions de personnes décèdent.
La recrudescence de cette maladie s’explique par l’épidémie de sida et
par la paupérisation de nombreux groupes de population. En France, les groupes
les plus concernés par la tuberculose sont les migrants (lien sur article
brochure tuberculose CNMR), les personnes précarisées (notamment les sans-abri)
et les personnes séropositives VIH.
Un traitement existe et consiste en une association de quatre
antibiotiques mais ce traitement lourd doit être correctement suivi au minimum
pendant six mois, ce qui n’est pas toujours le cas. Des multirésistances se
développent. Il importe donc de trouver de nouveaux antibiotiques pour lutter
contre la tuberculose. C’est là l’enjeu du prix Georges, Jacques et Elias
Canetti.
Un homme d’exception
Ce prix soutiendra chaque année pendant cinq ans les
travaux des chercheurs de l’Institut Pasteur dans le domaine de la lutte contre
la tuberculose, en hommage au professeur Georges Canetti (et à ses frères qui
ont connu eux aussi un destin d’exception).
Georges Canetti est né le 23 janvier 1911 en Bulgarie, à Roustchouk.
Après un parcours européen, lui et sa famille s’installent à Paris. Il passe son
baccalauréat en France et fait des études de médecine à Vienne et en France.
Atteint en 1934 de la tuberculose, il est admis au sanatorium.
En 1936 et 1937, il suit le cours de microbiologie à l’Institut Pasteur et y
reste à l’issue de ces deux années comme travailleur bénévole. Il y gravit
tous les échelons jusqu’à celui de professeur, tournant son œuvre vers la
tuberculose.
En 1960, il met au point une méthode d’antibiogramme toujours utilisée
de nos jours et établit la base du traitement de la tuberculose. En 1962, il
crée avec Jean Thibier le centre français d’étude sur la résistance primaire en
tuberculose dont il devient le directeur. Il est lauréat de l’Académie nationale
de médecine pour le prix Péan en 1940 et le prix Ricaux en 1947 puis fait
Chevalier de la Légion d’honneur en 1954.
Il joue aussi un rôle important au CNDT (Comité National de Défense contre la
Tuberculose), au sein de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’union
internationale contre la tuberculose. Il est décédé en 1971.
Ses deux frères se sont illustrés l’un dans la littérature, l’autre dans
la musique : Elias Canetti (1905-1994) était écrivain et a reçu le prix Nobel de
littérature en 1991 et Jacques Canetti (1909-1997), producteur de disques a été
directeur artistique des disques Polydor puis de Philips (Universal) avant de
créer les Productions Jacques Canetti en 1963.
Le don à l’Institut Pasteur des archives du professeur Canetti par sa
nièce Françoise Canetti est à l’origine du « prix Georges, Jacques et Elias
Canetti ».
Les recherches de l’équipe de Pedro
Alzari
La première édition de ce prix a
récompensé l’équipe du professeur Pedro Alzari (Unité de biochimie structurale).
Cette unité cherche à identifier et à caractériser de nouvelles cibles
thérapeutiques chez le bacille de la tuberculose afin de permettre la conception
de nouveaux antibiotiques contre la maladie.
Ces chercheurs suivent deux pistes:
- L’étude de la structure des protéines dont la fonction est essentielle pour
la viabilité du bacille de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis). L’équipe
de Pedro Alzari a ainsi pu déterminer la structure 3D de deux cibles importantes
dont le blocage aurait un effet létal (qui entraîne la mort) sur la bactérie, ce
qui permet de faire du « design moléculaire » pour trouver des inhibiteurs de
ces protéines-clés de la bactérie, et donc des antibiotiques.
- La seconde
approche vise à travailler sur un grand nombre de protéines de fonction
inconnue, issues de l’analyse génomique : à partir d’environ 400 gènes de
Mycobacterium Tuberculosis, quelque 150 protéines ont pu être obtenues par
l’équipe et la structure 3D d’une quinzaine d’entre elles a été caractérisée à
ce jour. Les chercheurs étudient maintenant leurs fonctions afin de déterminer
celles qui seraient les meilleures cibles thérapeutiques.
Rappelons que ces recherches sont menées dans le cadre du Grand Programme
Horizontal « Tuberculose » développé depuis 2003 à l’Institut Pasteur mais
également dans le cadre des programmes européens »New medicines for tuberculosis
» (cordonné à l’Institut Pasteur par le Pr Stewart Cole » et « Structural
proteomics in Europe » (coordonné à l’Université d’Oxford par le Pr Dave
Stewart).
ASGB
Source : Institut Pasteur