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Maladies respiratoires

 
Pneumonie

     La pneumonie (du grec pneumôn  : poumon) définit l’infection du poumon.
 
Elle correspond à ce que l'on appelle communément une congestion pulmonaire.
 
L’atteinte élective ou prédominante de l’une ou l’autre des structures des poumons a conduit à individualiser plusieurs formes anatomiques et cliniques :
 
- pneumonie franche,
- broncho-pneumonie,
- pneumonie interstitielle ( appelée encore atypique quand elle est localisée).
 
 
Les causes des pneumonies sont bactériennes, virales et plus rarement parasitaires ou fongiques (dues à des champignons). L’identification précise de la cause infectieuse implique des examens complémentaires qu’on ne réalise bien souvent que dans les formes graves ou secondairement aggravées.
 
D’un point de vue pratique il est désormais d’usage de distinguer les pneumonies communautaires, nosocomiales et  celles des immunodéprimés .
 
 
Désert
 
Les pneumonies communautaires
 
 
     Les pneumonies communautaires désignent les pneumonies acquises en milieu citadin ou rural par opposition aux pneumonies acquises à l’hôpital que l'on appelle nosocomiales (du grec nosokomia, qui signifie « les soins donnés au malade »).
 
 
     Fréquence et principales causes
     On estime en France la fréquence des pneumonies à 400 000 cas annuels.
 La cause la plus fréquente est l’infection à pneumocoque (130000 cas).
 
 Elle revêt une particulière gravité:
- chez les personnes âgées,
- en cas de maladie chronique (insuffisance respiratoire ou cardiaque, et diabète en particulier)
-  en cas d’immunodépression (déficit en anticorps, splénectomie ou drépanocytose, infection par le VIH). 
 
Parmi  les autres principales causes :
 
-  les pneumonies à mycoplasme et à chlamydia (plus souvent chez des sujets jeunes),
- pneumonies à Haemophilus influenzae,
- la légionellose.
- Parmi les infections virales, la grippe et l’infection à virus respiratoire syncytial sont parmi les plus fréquentes à se compliquer d’une pneumonie, surtout par suite d’une surinfection bactérienne.
- Des agents plus rares sont identifiés chez des patients débilités par le grand âge et/ou des maladies chroniques.
 
 
     Signes cliniques et diagnostic
    - Dans sa forme la plus caractéristique la pneumonie a un début aigu : une fièvre élevée, une toux, un point de côté, à l’examen des signes correspondant à « une congestion » du poumon.
 
 Le diagnostic est confirmé par la radiographie du thorax qui visualise une opacité systématisée à un territoire pulmonaire.
 
    - La pneumonie atypique est plus progressive souvent précédée ou accompagnée de signes ORL ; les signes à l’examen sont plus frustes.
 
    - La broncho-pneumonie évolue en général dans un contexte infectieux sévère avec plusieurs foyers pulmonaires, une altération de l’état général sur un terrain souvent débilité et/ou un poumon quelquefois déjà pathologique.
 
    - Il y a des formes de pneumonie plus volontiers torpides ou trompeuses en particulier chez les personnes âgées, à confirmer au moindre doute par une radiographie du thorax.
 
 
     Traitement
     Les formes graves ou aggravées (ou ayant une gravité potentielle en raison de facteurs de risque liés au terrain ) impliquent une hospitalisation au cours de laquelle des investigations à la recherche de l’agent causal seront effectuées et,  dans les formes les plus sévères, une prise en charge en milieu de soins intensifs.
 
 Dans les autres cas, au domicile, le traitement est probabiliste c’est-à-dire que le choix du traitement antibiotique est fondé sur la probabilité de l’agent en cause susceptible d’adaptation en fonction de la réponse clinique. Le repos au lit est requis, une bonne hydratation, des médications symptomatiques.
 Les deux principales familles d’antibiotiques prescrits  sont les pénicillines et les macrolides.
 
 
     Prévention
     La prévention fait appel à :
 
- des mesures d’hygiène de vie (abstention tabagique, tempérance vis-à-vis de l’alcool, soins dentaires et ORL éventuels, drainage des voies respiratoires en cas de bronchite chronique ou de dilatation des bronches)
 - la  vaccination, par le vaccin grippal tous les ans à l’automne et par le vaccin pneumococcique tous les 5 ans.
 
 La vaccination est recommandée chez tous les sujets à risque fragilisés par une maladie chronique et chez les personnes âgées à partir de 65 ans.
 
 
 
 
Les pneumonies nosocomiales 
 
 
     Les pneumonies nosocomiales sont les pneumonies contractées à l’hôpital.
 
 
     Fréquence et causes
     Elles sont fréquentes (jusqu’à 6 cas pour 1000 admissions) et graves (la mortalité pouvant dépasser 20 %).
 
Le développement de l’infection est favorisé par un ensemble de facteurs de fragilisation:
 
-  propres au malade (âge, terrain, maladie ayant conduit à l’hospitalisation),
- ou liés au traitement (anesthésie, chirurgie, ventilation artificielle par sonde d’intubation ou trachéotomie, cathéter, sonde vésicale, sonde gastrique, médicaments…)
- et/ou  facteurs favorisés par l’environnement (portage microbien par un  malade voisin et par le personnel soignant, climatisation défectueuse…).
 
 
     Signes cliniques et diagnostic
     La pneumonie est souvent une broncho-pneumonie.
Les microbes responsables sont dans la plupart des cas résistants à de nombreux antibiotiques (staphylocoque doré, entérobactérie, pyocyanique…).
Des investigations micro biologiques permettant de cibler le microbe à traiter sont pratiquées par des procédures court-circuitant la gorge qui est un site naturel de colonisation microbienne pouvant faire porter un diagnostic erroné sur le germe causal.
Le pronostic est lié autant à la réponse clinique au traitement antibiotique qu’à la levée des facteurs qui ont concouru au développement de l’infection.
 
 
 
 
Les pneumonies des immunodéprimés
 
 
      Les poumons sont au premier rang des organes concernés par une atteinte infectieuse chez l’immunodéprimé.
 
La fréquence des pneumonies dans ce contexte est croissante grâce à l’efficacité des traitements prolongeant la vie de patients atteints de maladies déprimant les défenses anti-infectieuses ou nécessitant un traitement immunosuppresseur.
A ces deux éventualités est venue s’ajouter depuis une vingtaine d’années l’épidémie d’infection par le VIH.  

Parmi les patients non infectés par le VIH, les principales situations sont:
 
-  un déficit profond en polynucléaires neutrophiles,
-  un déficit de la sécrétion d’anticorps,
- un déficit de l’immunité dite cellulaire.
 
A ces trois axes principaux il faut ajouter deux situations particulières :
 
- l’absence ou le non fonctionnement de la rate (avec un risque majeur d’infection à pneumocoque constituant une obligation vaccinale)
- les traitements immunosuppresseurs, cytotoxiques  et corticoïdes, utilisés au cours des cancers et de certaines maladies du sang.
Les micro-organismes en cause sont très nombreux, certains d’entre eux  sont  nommés opportunistes car  ils sont non virulents chez un sujet sain mais sont pathogènes par opportunisme chez des individus en situation de moindre défense.
La prise en charge de ces pneumonies est d’autant plus complexe qu’elles peuvent s’intriquer à des complications non infectieuses de l’immunodépression.
 
 
Les patients infectés par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ont un risque croissant de pneumonie avec la progression de l’immunodépression. A mesure que celle-ci est plus profonde, les agents infectieux en cause sont plus souvent des opportunistes.

La fréquence des pneumonies a cependant été infléchie ces dernières années par le traitement de fond faisant appel à la trithérapie. 
 
 
Pour en savoir plus :
 
- Pr Léophonte, Paul, Les maladies respiratoires, Presses Universitaires de France, Paris, 2001.
- Pr Léophonte, Paul, Pneumonies, J.Littey Eurotext, Paris, 2001.

 
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