ASGB : Pourquoi avoir accepté d’être le parrain de Capital souffle ? Sébastien Llado : Le souffle est très important pour les musiciens sur cuivres : trompettes, trombones, cors, tuba. Le saxophone a une spécificité en plus, le son sort de partout, pas seulement du pavillon, le son sort autour, dans les clefs. La gestion de l’air est très différente. Le son du trombone, lui, sort du pavillon. Le principe de souffle est le même que celui des chanteurs. Je me retrouve en position de théoriser le souffle alors que je fais ça plutôt naturellement. Mais c’est intéressant, d’autant plus que je suis obligé de l’expliquer à mes élèves. C’est pour moi l’occasion de partager mon savoir et mon savoir-faire sur le souffle. Je pense profondément qu’il est toujours possible de progresser si l’on s’en donne les moyens et si on a les bons outils. C’est un message pour les malades respiratoires qui, eux aussi, peuvent progresser et respirer plus avec moins d’air, à condition de muscler quotidiennement leur diaphragme. ASGB : Est-ce que vous espérez que votre participation à cette campagne Capital souffle incitera les gens à faire plus attention à leur souffle ? Sébastien Llado : Oui, je l’espère car le souffle, c’est la vie ! ASGB : Pour les novices en musique, pouvez-vous rappeler l’importance du souffle pour pratiquer un instrument de musique, un instrument à vent en particulier ? Sébastien Llado : J’apprends à mes élèves à souffler dans un trombone. Il y en a qui comprennent tout de suite, à qui on dit le truc qui fait qu’ils comprennent, d’autres pour qui c’est plus difficile. Ce n’est pas vraiment comprendre, c’est exprimer un ressenti. C’est très difficile. On est dans l’art, on ne peut pas vraiment expliquer. On est dans le domaine de l’émotionnel. J’ai formé des trompettistes, des chanteurs et des chanteuses à la façon de souffler. La façon de souffler est la même et est super importante. Mon premier « cobaye » a été ma petite sœur qui est chanteuse ! C’est intéressant pour les chanteurs d’avoir le regard d’un non-chanteur. Si on souffle mal, on peut avoir des problèmes (polype à la gorge par exemple). On n’arrive jamais à bien jouer si on ne respire pas bien, on s’essouffle facilement ASGB : Alors comment doit-on souffler ? Quelle respiration doit-on adopter ? Sébastien Llado : Les gamins respirent super bien. Quand on devient adulte, on oublie des gestes respiratoires naturels chez un enfant. Quand on sort du ventre de sa mère, on a les bons réflexes, on respire avec le bas du ventre. Un bébé a une respiration basse, abdominale, il respire en gonflant le ventre. Une respiration complète comprend trois sortes de respiration : la respiration abdominale, la respiration thoracique qui est celle des coureurs de fond, c’est une respiration courte, et la respiration intercostale que pratiquent les chanteurs lyriques. Il faut pratiquer une respiration abdominale, la plus basse possible. Avec une respiration complète, on a 1/3 moins de souffle qu’avec une respiration abdominale seule. Il faut respirer le plus bas possible, retrouver des réflexes d’enfant. La bonne respiration est intuitive chez les gamins. Je pense qu’avec le stress de l’âge adulte, la respiration monte, se fait de façon plus haute. Si on respire en montant les épaules, le souffle est très court. Le diaphragme est le muscle qui gère la pression du souffle. Il faut muscler le diaphragme pour avoir plus de souffle. Il faut regarder une vidéo extraordinaire, on voit un trompettiste mexicain des années 50, Raphaël Mendez, qui fait un morceau, « Mexican hat dance » en une respiration !C’est une légende, il avait un souffle hors du commun. (NDLR : http://www.dailymotion.com/relevance/search/mendez/video/83471)
|