Sophrologie
La sophrologie occupe une place importante dans les techniques de relaxation. Aussi, elle peut être bénéfique aux personnes souffrant de maladies respiratoires.
Rencontre avec la sophrologue, psychothérapeute et hypnothérapeute Sylvie caro-Bellaud dans l’atmosphère feutrée de son cabinet au centre de Paris.
ASGB : Pourriez-vous définir la sophrologie et évoquer son histoire
S. Bellaud-Caro : Ce terme tire son origine de trois mots grecs : SOS qui signifie harmonie ; PHREN, esprit, conscience et LOGOS, science, étude. Il a été créé en 1960 par le Dr Alfonso Caycedo, psychiatre colombien d’origine basque espagnole. Pour aider ses patients, il a cherché d’autres techniques, s’est formé à l’hypnose et à la phénoménologie psychiatrique. Il y avait des croyances autour de l’hypnose. Il a voulu s’en défaire. Le Dr Caycedo a enrichi sa philosophie avec d’autres techniques. Il a vécu en Orient ( en Inde et au Japon) et en est revenu avec de nouvelles connaissances. Le yoga tout d’abord, découvert grâce à sa femme. Puis la méditation boudhiste/zen. Il a eu la grande intelligence de mettre à la porté de l’occidental des techniques orientales, qui sont appréhendées de façon différente. Avec toutes ces techniques, le Dr Caycedo a fait un melting-pot qui se tient et qui est très intéressant.
En 1960, a eu lieu le premier congrès de sophrologie.
ASGB : Quels sont ses principes de base ?
S. Bellaud-Caro: L’idée philosophique de base de la sophrologie est de vivre en harmonie avec soi-même. La personne doit se réapproprier son corps, faire en sorte que son corps devienne son allié. Dans notre société, on coupe trop la tête du corps. On a privilégié la tête. Aussi, le corps n’est plus vécu, pas suffisamment habité.
La sophrologie a pour but de permettre à chacun de vivre AVEC son corps et non plus de le considérer seulement comme un objet.. Il est préférable d’être au mieux avec son corps car c’est notre seul véhicule.
ASGB : Comment y arrive t-on ?
S. Bellaud-Caro : Par des techniques de relaxation, de respiration, de visualisation afin d’arriver à une prise de conscience corporelle. La sophrologie s’appuie essentiellement sur l’hypnose thérapeutique, la relaxation progressive de Jacobson, le training autogène de Schultz. Il y a au cours d’une séance des moments statiques et d’autres plus dynamiques.
Les séances sont individuelles ou collectives, comme pour le yoga.
ASGB : En quoi peut-elle aider les malades respiratoires ?
S. Bellaud-Caro : Cela peut aider les malades à ne plus vivre le corps que comme quelque chose que l’on soigne. La sophrologie peut leur permettre de faire à nouveau alliance avec le corps. Elle peut également aider à prendre du recul par rapport à cette maladie. La sophrologie aide à mieux respirer. En effet, pour la sophrologie, le souffle, c’est la vie. On a perdu l’habitude de bien respirer. Il faut donc réapprendre à accueillir l’air à l’intérieur et à évacuer les toxines.
ASGB : Existe-t-il des contre-indications pour certains de ces malades ?
S. Bellaud-Caro : Je ne pense pas. On ne va jamais trop loin pendant les séances. Il n’est pas question de performance. On se contente d’accueillir des sensations corporelles. On ne doit jamais se faire mal. La sophrologie s’adresse à tout le monde, même aux enfants, surtout dès l’âge de 7-8 ans. Avec des plus petits, on va se servir de contes, de métaphores et de relaxation dynamique.
ASGB : Pour arrêter de fumer, cela peut-il être un moyen efficace ?
S. Bellaud-Caro : La sophrologie est susceptible d’être un bon outil de gestion du stress
pour ceux qui désirent arrêter ou qui ont arrêté de fumer. Elle permet de mieux gérer la
respiration, d’apprendre à s’évader par la pensée. Et aussi de clarifier la motivation,
de la renforcer et de puiser dans ses ressources. En ce sens, elle est une bonne béquille.
ASGB : Les patients peuvent-ils pratiquer la sophrologie chez eux ?
S. Bellaud-Caro : On peut pratiquer tout seul chez soi, une fois que l’on a acquis les techniques, comme la respiration ventrale. Les techniques sont simples. La sophrologie a pour but de permettre à l’individu de devenir indépendant. Les patients s’approprient les outils puis les utilisent en dehors du cabinet du sophrologue.
ASGB : En conclusion, peut-on dire que la sophrologie a pour but de gérer le stress ?
S. Bellaud-Caro : Oui. Elle met en place une détente physique alliée à une détente psychique et cela permet de se libérer de ses tensions et préoccupations.
ASGB
Pour aller plus loin :
Définitions :
1. Hypnose :
Technique de modification temporaire de la conscience. L'hypnose peut permettre de donner libre cours à des manifestations de l’inconscient et, à ce titre, a joué un grand rôle dans la découverte de la psychanalyse. Le champ de ses applications couvre aujourd'hui des psychothérapies et des traitements de désintoxication. Certains praticiens, dentistes ou chirurgiens, l'utilisent comme moyen d'anesthésie.
L'hypnose utilisée actuellement est l'hypnose éricksonienne (Milton Erickson) qui n'a plus rien à voir avec l'hypnose classique.
2. Relaxation progressive de Jacobson
Le physiologiste et psychologue Edmund Jacobson a, dans les années 1930, aux Etats-Unis, mis au point cette méthode dont le but est la réduction volontaire du tonus musculaire au repos.
3. training autogéne de Schultz
Technique d’auto-hypnose mise au point par le Dr Schultz, psychiatre allemand (1884-1970) qui prend aussi en compte la méthode d’autosuggestion d’Emile Coué et qui vise à provoquer une déconnexion générale de l’organisme.
4. phénoménologie psychiatrique
La phénoménologie d’Edmund Husserl (philosophe allemand, 1859-1938) repose sur la définition de l’intentionnalité. Elle a donné naissance à une clinique psychiatrique très riche.